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Anelise Borges était la seule journaliste télé à bord de l’Aquarius au moment de la crise politique de juin dernier. Pendant dix jours, elle a alimenté les médias du monde entier en images tournées exclusivement à l’iPhone. Impossible de réaliser la même performance à la caméra.

Le 8 juin dernier, Anelise Borges embarque sur l’Aquarius. Deux jours plus tard, l’Italie puis Malte refusent d’accueillir les 629 migrants rescapés qu’il transporte. La reporter d’Euronews va suivre, dix jours durant, le quotidien mouvementé du bateau errant dans la Méditerranée, avant que l’Espagne lui ouvre finalement son port. C’est la seule journaliste TV sur place. Ses vidéos seront largement reprises par les autres médias tandis que sa chaîne publiera un reportage de 52 minutes. Toutes ont été tournées à l’iPhone. « C’était un pari et on l’a gagné », se réjouit Anelise Borges, même si elle était déjà convaincue par la vidéo mobile, particulièrement adaptée aux conditions extrêmes.

En 2017 déjà, la correspondante parisienne d’Euronews avait été contrainte d’achever un reportage au Vénézuela au smartphone. Un mouvement de foule a éjecté son caméraman hors de la zone de tournage. « J’ai dû filmer dans un hôpital, déguisée en étudiante en médecine. J’ai utilisé mon téléphone car c’était plus discret », raconte Anelise Borges. L’expérience l’a conquise. « J’ai compris le pouvoir du smartphone », explique celle qui n’a pas eu de besoin d’arguments supplémentaires quand Euronews lui a proposé de rejoindre son nouveau projet dédié au « mobile journalism ». Son expérience à bord de l’Aquarius a renforcé ses convictions.

Approcher les gens au plus près

Le premier avantage concerne évidemment la légèreté du téléphone. Anelise Borges ne s’en sépare jamais, même lorsqu’elle accompagne les bénévoles sur le « fast boat », petit bateau permettant de secourir les migrants à l’eau. « Ca n’aurait pas été simple avec une caméra. La mobilité est vraiment très importante dans ce genre de situation », témoigne la journaliste.

Le smartphone révolutionne aussi le contact humain. « Il permet d’arriver très, très proche des gens », constate Anelise Borges, révélant avoir tissé de véritables liens grâce à son outil de travail. « Parfois, je donnais mon portable aux enfants, ça les mettait en confiance. Ils ont tourné de très belles images de moi sur le bateau. Le smartphone permet d’être beaucoup plus proche des personnages », estime-t-elle. La reporter d’Euronews ne pense pas, cependant, que le téléphone ait vocation à remplacer la caméra.

« La vidéo mobile a permis un gain exponentiel »

Sur l’Aquarius, elle a constaté les limites de son iPhone. « Le soir, la qualité est quand même différente. On ne peut pas augmenter le gain comme avec une caméra », admet Anelise Borges. Difficile également de zoomer. Elle se souvient d’une expérience amère lorsqu’elle a couvert la tournée d’Emmanuel Macron, à l’occasion du centenaire de l’armistice. Contrainte à rester à un kilomètre du président, elle n’a pas pu utiliser ses images, et a dû se contenter de celles des agences de presse. Il n’est pas non plus envisageable de tourner par température élevée. « Quand il fait trop chaud, même à Paris, le téléphone bug. Imaginez en Irak où il fait 60°C ! » La caméra demeure alors plus adaptée.

Mais pour Anelise Borges, le rapport avantages/inconvénients se révèle favorable au smartphone. « La vidéo mobile a permis un gain exponentiel, jamais atteint par les caméras », affirme la correspondante d’Euronews.

Augustine Passilly

 

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