Le Mojo permet aussi de faire des économies... - Rencontres francophones de la vidéo mobile google-site-verification: googlef37d4e64854180f8.html

Le passage au journalisme mobile dans de nombreuses rédactions, bien que non-motivées par des raisons économiques, peut amener de précieux avantages budgétaires.

Malgré la réticence des JRI, les smartphones deviennent des caméras presque comme les autres. De BFM à Franceinfo, les grandes rédactions d’information françaises ont pris les devants en équipant leurs reporters de téléphones à caméra haute définition. Principale raison invoquée par les journalistes et rédacteurs en chef : la nouveauté. « Nous nous sommes équipés en smartphones pour les nouvelles possibilités qu’ils offrent, témoigne Julien Pain, rédacteur en chef de l’Instant module sur FranceInfo. Nous sommes une chaîne de télévision, nous avons toutes les caméras qu’il faut pour tourner. »

Et pourtant, Julien Pain l’admet, « les smartphones coutent beaucoup moins cher » qu’une caméra classique. Pour de nombreuses rédactions, les smartphones ont même permis des investissements inespérés. Juliette Hollier-Larousse, directrice de la vidéo à l’AFP, témoigne que l’agence « a investi dans des smartphones pour faire des lives, ce que nous n’aurions pas fait si nous avions dû acheter des caméras classiques supplémentaires. »

Du contenu multimédia moins coûteux

Avec un mobile, pas besoin de coûteux boitiers de transmission. Tout se fait en réseau mobile. « Le mojo coute moins cher, les moyens d’envoi sont bien moins onéreux que les satellites traditionnels » confirme Philippe Roussel, rédacteur en chef de RTL Info TV. L’entreprise belge a supprimé 22 emplois à la suite d’un plan social, « essentiellement des rédacteurs télé ».

RTL a en effet équipé tous ses rédacteurs radio en kits mojo. L’objectif : produire un contenu multimédia, réutilisable sur le web et dans les journaux télévisés de la chaîne. Ainsi, 15% du contenu télévisé de RTL Belgique viennent de ces kits mojo. Une économie consistante, alors que l’objectif est de doubler cette proportion. Pour Philippe Roussel, « ce plan de transformation vers le journalisme mobile est arrivé au bon moment. Nous avons augmenté la productivité de nos journalistes. C’est une réalité économique fondamentale. »

De la pub en story

La vidéo mobile commence d’ailleurs à attirer les annonceurs. Les stories Instagram de FranceTV Sport sont ainsi, depuis quelques mois, entrecoupées par des publicités. Le directeur adjoint de la rédaction des sports de France Télévisions David Botbol témoigne cependant que « le smartphone n’est pas issu d’une réflexion économique. Mais si les circonstances apportent des retombées financières, c’est positif. »

Thomas Hermans