Quelle place pour le journalisme mobile dans les rédactions ? - % google-site-verification: googlef37d4e64854180f8.html

Les caméras professionnelles vont devoir s’y faire : dans les rédactions, elles n’ont plus le monopole de la vidéo. Avec l’amélioration constante de la qualité des caméras des téléphones portables, ces derniers se sont imposés comme une alternative plus légère et discrète. 

Quand la chaîne d’information en continu BFM Paris a été créée en novembre 2016, elle a su répondre à un défi : tourner tous ses reportages au smartphone. Depuis, les téléphones mobiles se sont faits une place dans les rédactions de télévision, que ce soit de manière systématique ou occasionnelle. 

Un indispensable sur le terrain  

Chez TF1 et LCI, l’utilisation de la vidéo mobile n’est pas officielle, mais elle reste un atout clé pour les journalistes sur le terrain : «Les vidéos tournées au smartphone apportent des images supplémentaires à celles rapportées par le JRI (journaliste reporter d’images, ndlr.)explique Pierre-Emmanuel Chinardet, journaliste pour les chaînes. On ne part jamais en se disant qu’on va forcément tourner des images au téléphone, et quand on le fait, elles ne suffisent pas à faire un reportage. Mais ce sont souvent des compléments indispensables dans certaines situation. Par exemple, pendant les manifestations, elles peuvent être utiles lorsqu’on veut filmer des interpellations, car les grosses caméras rendent parfois les forces de l’ordre hostiles. C’est aussi le cas quand on souhaite se rapprocher des casseurs : le téléphone permet d’être plus discret 

Depuis que les téléphones existent…

Dans d’autres rédactions, l’utilisation de la vidéo mobile s’est répandue de façon plus systématique. À l’Agence France Presse (AFP), où les informations doivent circuler rapidement, la vidéo mobile s’est imposée dès son apparition : « Nous faisons du journalisme au téléphone depuis que les téléphones mobiles permettent de faire de la vidéo, constate Juliette Hollier-Larousse, directrice vidéo de l’AFP. Au début, c’était de manière exceptionnelle, puis de façon de plus en plus régulière Grâce à la vidéo mobile, l’AFP peut désormais être plus efficace dans la couverture d’événements en cours : «On fait en sorte que tous nos journalistes sur le terrain puissent nous rapporter des images lorsqu’ils n’ont pas de JRI avec eux. On a mis en place des formations afin qu’ils produisent des bonnes vidéos quand il n’y a pas d’autres moyens de capter l’évènement Une utilisation ciblée, qui représente cependant une partie minime des vidéos produites par l’AFP. 

Des rubriques 100% Mojo 

Chez France Info, l’utilisation du smartphone fait partie intégrante du fonctionnement de certaines rubriques : «La chaîne fait de la vidéo mobile depuis sa création, rappelle Julien Pain, rédacteur en chef de la pastille L’Instant Module sur la chaîne. Aujourd’hui cela représente beaucoup de notre contenu. L’Instant Détox par exemple est entièrement filmé à l’IPhone. L’Instant Module utilise aussi beaucoup la vidéo mobile. C’est plus pratique, plus discret, et très pratiques pour les courtes interviews. En règle générale, France Info se sert beaucoup de la vidéo mobile pour les sujets où ça bouge beaucoup.» Le choix du téléphone n’est jamais anodin, souligne-t-il cependant : «Quand on choisit l’Iphone, c’est toujours parce qu’on estime que c’est la meilleure solution. Évidemment si l’on a une caméra à disposition et qu’on peut l’utiliser efficacement et sans risque, on le fait.» 

De l’autre côté de la frontière, le groupe RTL a créé une agence Mojo en 2018. Manifestations, interview politiques, sujets de proximité… Ils tournent tout au téléphone. « La rédaction compte douze journalistes qui ont reçu une formation, explique François Roussel, rédacteur en chef de RTL Info. D’ailleurs, ils ont la particularité d’être des journalistes radio : ils filment tout, et récupèrent les sons de leurs interviews. Leurs contenus nourrissent toutes les plateformes du groupe. »

Malgré les réticences de certains, il est donc évident que la vidéo mobile se présente aujourd’hui comme un indispensable du journalisme visuelle. «C’est une question d’évolution des esprits,confie Juliette Hollier-Larousse avec un sourire. Les journalistes s’aperçoivent de plus en plus que ce qui a de la valeur c’est d’avoir des images, d’où qu’elles viennent 

Marie Fiachetti